Dimanche 19 novembre 2006 7 19 /11 /2006 10:48

BIOGRAPHIE FAMILLE Charles François Philippe MAUREL Fils d'Edouard (suite 1)

ANNEE 1976! DEUX EVENEMENTS L'ASSOMBRISSENT.

L'habitude que tout marche bien!......

C'est le 13 du mois de janvier de cette année 1976.

La naissance du bébé s'annonce normalement par quelques contractions.

Monique est admise à la maternité du Centre Hospitalier

Je m'y revois encore.

Il n'y a plus de chambre disponible, la sage femme installe Monique dans la salle de cours qui est aménagée en chambre à l'occasion.

Nous sommes confiants tout s'est bien passé pour les quatre autres naissances  pourquoi pas pour celle là.

Il y a même un plus puisque un monitoring est en place pour controler cette futur naissance, appareil que nous n'avions pas eu pour les précédentes naissances

Dés les premières contractions sur place l'infirmière met en route le monitoring et fixe le petit écouteur sur le ventre de Monique, au plus près du coeur du bébé.

Le bébé se déplacant à plusieurs reprises, elle a du mal à trouver le meilleur emplacement possible, celui où l'enregistrement des battements du coeur du bébé et les contractions de Monique est le plus clair à interpréter.

Voila c'est fait.

La bande de papier millimétrée défile sous l'aiguille qui y trace une ligne sinueuse régulière preuve de la vie de notre bébé et de la régularité des contractions.

Nous voyons cette ligne mais nous entendons aussi les battements du coeur.

L'infirmière s'éloigne et nous attendons et suivons l'évolution sur la bande.

Les contractions se font plus rapprochées, l'aiguille du monitoring s'agite, le tracé est moins régulier, puis les contractions s'intensifient, le battement du coeur semblent s'accélérer, puis s'emballer et passe de 0 à 120......suit un tracé qui s'affaiblit jusqu'à resté figé en une ligne droite.

Inquiet, j'appelle l'infirmière qui, rassurante nous dit "Le bébé a du se déplacer légérement je vais changer l'écouteur de place".

Effectivement, sur cette afirmation, je me souviens que pour le placer la première fois elle avait eu du mal parceque le bébé bougeait beaucoup.

Voila c'est fait

Le tracé redevient normal et régulier, je suis rassuré

Nous nous étions inquiétés pour rien et j'avais dérangé l'infirmière inutilement.......

.....Quelques minutes après, les contractions reprennent de plus belle comme ce fut le cas pour les autres garçons.

Par contre, maintenant je sais ce qui se passe, je ne m'inquiète plus, le tracé est perturbé, le bébé doit se déplacer tout est normal....

...Pourtant j'éprouve un sentiment étrange, il me semble que quelque chose ne colle pas, il y a, en même temps que les battements du coeur, comme un souffle bizarre, un souffle déchirant, comme une souffrance qui me fait penser à un étouffement.

J'y participe, mais je reste confiant en les paroles de l'infirmière "Ne vous inquiètez pas"

De toute façon nous sommes dans une maternité la plus moderne possible.

Je ne dis rien pour ne pas inquiété Monique mais, devant mes yeux ahuris, à chaque contraction l'aiguille fait des bonds de 0 à 120, irréguliers, trop irréguliers à mon goût, puis, brusquement ils redeviennent légers, si légers que presque plus rien ne s'inscrit sur la bande qui elle continue à défiler imperturbablement.

Peut-être n'y a-t-il plus d'encre!

Le souffle s'atténue doucement, les contractions s'arrêtent, le tracé s'interromp aussi totalement.

Je ne suis pas rassuré mais ne dis rien.

L'infirmière qui passe par là pour aller voir d'autres hospitalisées me dit "Ce n'est rien, cela lui arrive quelque fois, ne vous inquiétez pas, et puisqu'il n'enregistre plus je le retire."

Tout cela a durée une demie heure à trois quart d'heure......

Oui mais moi, je ne peux m'empêcher de songer: "Ce souffle!, ces battements irréguliers? ....Non! Ce n'est pa possible, l'appareil amplifie tous les sons et les transforme. Non! Tout doit être normal, il faut que j'ai confiance, tout s'est bien passé pour les quatre autres, alors pourquoi pas pour celui là".

Je n'ai aucune raison de m'inquiéter et d'autant moins qu'il n'y a aucune anomalie extérieure: les contractions sont normales, le bébé se déplace normalement, et pour les quatre autres naissances il n'y avait pas ce monitoring et tout se passe de la même façon.......sauf ce souffle étrange du monitoring.

Alors! Nous attendons........

........Monique perd les eaux, cela ne vas pas tarder, la sage femme revient et après avoir donné quelques soins s'assoie et prend note, tranquillement des renseignements nécessaires à l'hospitalisation pour la futur naissance qui s'annonce réellement.

Puis elle attend ainsi que les contractions reprennent le rythme qui annonce l'accouchement prochain.

Quelques minutes passent 1....2...5 peut-être.

Tout se passe bien, j'ai confiance, c'est sûrement le monitoring qui n'a plus enregistré, un mauvais contact peut-être, d'aIlleur il n'est plus là c'est comme pour les quatre autres il n'y avait pas d'appareil.

Les contractons reprennent......

"Vite....vite"...dit Monique à la sage femme, "Cà vient, vite vite, je pousse."

"Mais non ne vous affolez pas" Dit la sage femme calmement, "Tout est normal, ce n'est pas encore le moment".

Pourtant elle s'approche, jette un regard puis...

"Vite, vite mesdames, un chariot, il est là, retenez vous madame, ne poussez plus il est là, il arrive."

Je savais bien que je pouvais avoir confiance tout est normal, Monique accouche normalement comme pour les quatre autres.

Monique est encore sur le brancard qui a été amené très vite dans la salle d'accouchement, le bébé arrive avant que l'on puisse la hisser sur la table.

"C'est une fille, Madame", crie la sage femme en signe de victoire et pour la joie que celà vas nous causer après avoir eu quatre garçon.

J'ai bien entendu "C'est une fille" mais c'est comme si je n'avais pas entendu, tout s'est déroulé si bizarrement!

Si bizarrement! Comme si intérieurement j'avais compris au contraire que quelque chose n'était pas normal.

Pourtant ce corps, inerte, flasque, qui vient de jaillir et que la sage femme tient encore par les pieds il est tel que l'étaient les quatre autres, il semble ne pas avoir encore de vie mais il vas pousser un cri, comme les autres......

Pourtant le temps parait se dérouler interminablement, il me semble qu'il ne prendra jamais vie, il se passe en moi quelque chose d'inexplicable, quelque chose que je n'ai plus ressenti depuis bien longtemps et que je ressentais pourtant intérieurement avant l'accouchement.....et pourtant elle est là, elle est enfin là "Dominique" notre fille.............

Que de pensées, d'impressions, de souvenirs ont défilées en moi en quelques fractions de secondes:
Cette impression du moment où l'on a prévu de lui donner le prénom de Dominique, la soeur de Monique, mort née.
Ce ressenti que j'ai eu avec Monique à l'heure et au jour exacte de la mort de "André" l'oncle de Monique, comme si son esprit nous traversait en une décharge électrique puissante qui nous a fait nous recroqueviller l'un contre l'autre dans notre sommeil.
Comme le retour imprévu de notre soeur du camp de concentration après plus d'un an et demi d'absence sans nouvelle et que nous avons ressenti avec mon frère Gérard au point de lui avoir garder, sans se concerter, les oranges et quelques friandises qui nous avaient été distribuées à l'école le matin même.

Puis, tout d'un coup suite à un cri de la sache femme je reviens à la réalité: "Vite....vite...appelez le docteur, elle est amochée, faites vite......" s'écrie t elle.....

Et d'un bond, après avoir coupé le cordon ombélical la voilà qui file vers la salle ou l'on emmaillote les bébé mais où je sais aussi que se trouve un appareil de réanimation pour bébé...

J'ai compris, il n'y a pas eu de cri....il n'y aura jamais de cri et à nouveau tout repasse devant mes yeux,: cet enregistrement qui ne fonctionne pas, cette sensation d'étouffement, c'était celà, Dominique notre fille perdait la vie avant de naître.

Ce n'était donc pas normal.

J'entend maintenant le souffle de l'appareil de réanimation et je crois encore entendre ce souffle que j'entendais quelques instants auparavent dans le monitoring

Je suis toujours là près de Monique, je lui tiens la main,du sang s'écoule sur le brancard.

Des pas précipités se font entendre dans le couloir le docteur est là, j'ai, sans y croire vraiment, un moment d'espoir mais il y a beaucoup de remue ménage dans la salle à coté, un dialogue à voie basse s'engage......mais, entre deux mots incompréhensibles j'entend des sanglots, ce sont ceux de la sage femme....

"Ce n'est pas possible, il fallait que celà m'arrive à moi......."

J'ai compris.., je n'ose rien dire à Monique qui m'interroge:"Que se passe t il donc? Pourquoi ne reviennent-ils pas."

Si, ils reviennent, le docteur passe la tête dans l'encadrement de la porte et me fait signe de venir...

"Inutile, Docteur, nous avons compris" et je sers très fort la main de Monique encore couché sur le brancard, elle saigne du corps et du coeur et sanglote.

Nous avons compris, nous n'avons pas besoin d'explication.

Notre petite Dominique n'a pas vu le jour, nous n'aurons jamais de petite Dominique.....comme les parents de Monique.

Et pourtant, tout s'est bien passé, comme pour les quatre autres où tout s'est bien passé, sans monitoring

Peut être par habitude que tout ce soit bien passé pour les quatre autres

Pourquoi?....Pourquoi?

J'aurai dû me fier à mes sensations, à mes intuitions, à son appel de detresse.

Pourquoi neuf mois pour rien, neuf mois d'attente dans la joie d'une naissance attendu et espérée que nous souhaitions être une fille et qui est une fille. pour que tout craque dans les dernières minutes, bêtement, oui bêtement.

A quoi donc a-t-il servi ce monitoring mis en place pour s'assurer que tout se passe bien.

Alors on a voulu savoir, on a cherché, cherché quoi?

On a fait faire une autopsie avec le secret espoir qu'il nous soit dit qu'il valait mieux qu'il en soit ainsi....qu'elle aurait pu être handicapée sévèrement, diminuée.

Maigre consolation parce que nous l'aurions accepté telle.

Mais non, la dure réalité est là: Tout était normal, normal comme l'a été l'accouchement, normal comme s' il n'y avait pas eu cette machine

Elle était normal notre petite Dominique: on lui a décortiqué le cerveau, le coeur, les poumons, le foie, tout était normal et pourtant elle n'a pas vu le jour et elle est partie, inconnue, dans sa petite enveloppe d'aluminium vers la terre qui la recouvre maintenant et nous ne savons pas où parce que nous n'avons pas voulu savoir où pour ne pas nous refermer sur nous mêmes et être tout à nos enfants bien vivants qui souffriront eux aussi de l'absence de ce bébé attendu dans la joie .

Nous avons pu simplement dire "Seigneur que ta volonté soit faite"

Dominique n'est pas née et elle est morte, par habitude......par habitude que tout se passe bien , confiance en l'Hopital, en l'infirmière, trop confiance en nous.

Nous n'avons pas tenu compte de cette machine qui nous paraissait inutile et qui pourtant, seconde après seconde enregistrait la vie, cette vie pas encore au jour mais qui s'annonçait déjà et qui s'echappait aussi dans la souffrance sans même avoir connu la joie d'être au monde

Ce soufle qui s'étaignait, ce petit coeur qui lachait dans la souffrance de l'accouchement de cet accouchement dit " Sans douleur" et nous n'avons rien pu faire pour y remédier, par habitude que tout se passe bien.

Elle n'a pas vu le jour parce qu'une machine, par moment, ne fonctionnait pas normalement et qu'il était ainsi normal alors pour ceux qui s'en servaient, qu'elle n'inscrive rien, par moment,.....par habitude.

QUANT AU DEUXIEME EVENEMENT DE 1976

Ce fut le décés de notre frère Guy à la suite d'une opération mais je n'en parlerai qu'après en avoir reçu l'autorisation de sa famille.

 

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Samedi 18 novembre 2006 6 18 /11 /2006 22:18

NOS FAMILLES ET LA GUERRE 1914/1918
Ce que nos parents nous ont conté de cette période
Dans ce Chapitre chacun pourra donner son point de vue sur la façon dont leurs parents ou Grands parents, voire Arrières Grand Parents, ont vécu cette période de guerre.

Dernière mise à jour BIOGRAPHIE FAMILLE Charles François Philippe MAUREL fils d'Edouard le 19 Février 2007)

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1) Comment mes parents ont vécu la guerre, par Charles MAUREL fils d'Edouard
(Dernière mise à jour le 15 Décembre 2006)

Aucun souvenir personnel de cette période puisque je n'étais pas encore né, je ne naîtrais que 22 ans plus tard. 
Par contre, notre père nous a laissé quelques mémoires que certains de mes frères et soeurs ont relaté dans des brochures personnelles à l'usage de tous.

 

 

Durant cette guerre Quatre des enfants de Charles Fortuné Celestin étaient mobilisés:
Edouard, André, Antoine, Joseph, Photo ci dessous

(Sur cette photo, original détenue par Germaine d'Antoine, vous pouvez voir quatre des garçons de Charles Fortuné MAUREL: Debout, à gauche en Marin; André, au centre Antoine, à droite Edouard, assis devant Paul. )
Parmis eux Antoine écrivait à ses parents sous le couvert de la censure

 

 

  Dernière mise à jour BIOGRAPHIE FAMILLE Charles François Philippe MAUREL fils d'Edouard le 19 Février 2007)

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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /2006 20:10

NOS FAMILLES ET LA GUERRE 1939/1945
Ce dont nous nous souvenons de cette période
Dans ce Chapitre chacun pourra donner son point de vue sur la façon dont il a vécu la période de guerre et comment l'ont vécu leurs parents ou Grands Parents.

Dernière mise à jour Nos familles et la Guerre 1939/1945 le 06 Avril 2007

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1) Comment j'ai vécu la guerre, par Charles MAUREL fils d'Edouard
1936 j'avais 6 ans

Aussi bizarre que cela puisse paraître, pour moi, la guerre à commencer en 1936, c'est le souvenir que j'en ai car les évènements de cette année là m'ont marqué tout particulièrement.
Notre père (Edouard MAUREL) travaillait au PTT de TOULON, et depuis le mois de juillet 1935 il avait été nommé "Commis principal à la tête de l'important service du contrôle de la radiodiffusion dans le département du VAR.
Nous étions déjà à "La LUCIOLE" Impasse Emile Vincent derrière la Gare de TOULON.
mais ce dont je me souviens c'est que, du balcon sud de "La LUCIOLE", nous avions la vue sur le pont de la gare.
 Je me souviens qu'un certain jour maman était inquiète parce que papa n'était pas encore rentré à la maison et nous aperçevions dans la rue une certaine agitation.. 
Tout d'un coup nous avons vue des passants chargés par la cavalerie.
Je ne peux pas donner de dates exactes mais j'ai compris, bien plus tard, que c'était la période ou les ouvriers reclamaient les congés payés..
Néamoins papa est rentré à la maison sans encombre il avait réussi à passer entre deux charges de la cavalerie. 
A partir de cet événement je n'ai plus de souvenir prècis de ce qui s'est passé et cela jusqu'en 1939.

1939 j'avais 9 ans
Puis vint 1939 et là j'ai un souvenir plus précis de la guerre car, à cette époque, papa qui travaillait déjà à la radiodiffusion a été chargé, dans le cadre des PTT de transmettre à MARSEILLE les ordres de mobilisation, il me semble que c'était en juin mais je n'en suis pas sûr.
Ce jour là il pleuvait à torrent
Papa, disposait d'un véhicule de fonction, un évènement, une "202 Peugeot" celle de la photo ci après.
Cédant à ma demande, il m'a permis de venir avec lui à Marseille.
De ce trajet, le seul souvenir que j'en ais c'est la pluie torrentielle avec orage à l'appui qui, à CUGES, nous a contraint d'attendre une accalmie, l'eau arrivait à hauteur du plancher de la voiture et commençait à s'infiltrer par les portières mais la voiture a tenue le coup.

 
(La voiture de fonction de papa: une "202 PEUGEOT" flambante neuve)


A partir de la mobilisation, les troupes Françaises se sont relayées dans des locaux de la STEF et Certains de ces soldats ont assuré avec force démonstration notre éducation sexuelle en nous expliquant comment on faisait les bébés.

Il faut dire qu'en famille c'était à cette époque, comme le prècise Micheline dans un de ses écrits, la naissance dans les choux.

Puis les ALLEMANDS envahirent la France, mais nous les enfants nous suivions ces événements de trés loin. et nos jeux nous suffisaient, surtout pour moi.

En 1942, avant que le sabordement de la flotte n'ai lieu je suis expédié en SUISSE par la Croix Rouge Française, voir ma Biographie et là je suis encore plus éloigné des événements tragiques dont je n'ai eu connaissance que parceque les personnes qui m'avaient recueilli m'ont montré des reportages sur le sabordement de la flotte Française à TOULON.

A mon retour à TOULON en Février 1943 mes parents avaient déménagé pour s'éloigner de la Gare ou nous risquions les bombardements

C'est à "La BOUSCARLE", à l'Escaillon, que la Famille s'était exilée

C'est l'Oncle Victor et Tante Germaine (Gérin Jean) qui ont loué "La BOUSCARLE" à nos parents .

Nous y avons vécu jusqu'en 1963. et nous y avons passé toute la libération de TOULON avec maintes péripéties que Papa (Edouard MAUREL) avait consigné jour après  jour.

Il semble que chacun d'entre nous (Les enfants d'Edouard) l'ayons vécu différemment bien que dans le même lieu.
Geneviève, Charles, Olivier en ont un vécu différent chacun avec son age.

Il semble même que les noms des personnes présentes avec nous durant cette période varient de l'un à l'autre  surtout au moment de la libération du quartier.

Je vous confie la version d'Edouard MAUREL qui a noté la situation au jour le jour sans indiquer les personnes présentes avec nous dans la cave.

J'y ajouterai quelques souvenirs, impressions ,sensations personnels

NOTES PERSONNELLES SUR LES JOURNEES D'AOÛT à TOULON
par notre père Edouard MAUREL

J'ai agrémenté ces notes par quelques photos et commentaires de mes frères ou de ma soeur Geneviève et de moi même.

Je vous joins également la carte, ci dessous, sur laquelle j'ai tenté de reconstituer certains des lieux ou se sont passés les faits

Cliquez sur cette photo pour mieux en distinguer les détails
Vous y découvrirez les points importants cités dans ces notes

Nous habitions "La Bouscarle", la maison , ci dessous, de deux étages situées près de "La MADELON" (Marquée F sur la carte) Chemin mon Paradis à l'Escaillon 

Les évènements ont commencés le:

Mardi 1er Août 1944 : Réveillés par canonnade das la nuit

Vers 5 h. du matin un bombardier Junker 66, allemand, s'abat près de la Madelon nous avons supposé que c’était un avion téléguidé qui avait du subir des avaries

Emotion !

Dans la journée nous allons voir les restes de l’appareil qui en fait était entier mais avait subit de sérieuses dégradations au moment de l’accrochage du toit de la maison  MOUTTET (Marquée G sur la carte) et des oliviers du champ jouxtant «Le Hameau» ( Vol, Choc et crasch marqué C. G. I sur la carte)
En 2007, à la place, il y a deux ou trois villas qui remplacent les oliviers à hauteur de l’immeuble «Le TAMARA»

 

Nous avons été accueillis par des militaires Allemands qui agitaient devant nous des grenades à manches pour nous faire partir.

Photo des grenades à manche que nous avons retrouvé après la libération, tout au long du mur d’enceinte Est de la propriété. Sur toute la longueur de ce mur qui allait du chemin mon paradis au sommet des Arènes, les Allemands avaient creusé des trous d’hommes pour se camoufler.
 
, Ce mur faisait plus d’ un mètre d’épaisseur

Dimanche 6 Août - Gros bombardement anglo-américain. Grands dégâts.

,Lundi 7 Août - Bombardement vers La Seyne - St Mandrier.

,Mardi et Mercredi 8/9 Août - Mauvais temps, orage. Pas d'activité militaire.

Jeudi 10 Août - Bombardements multiples dans la journée. Alerte permanente.

Vendredi 11 Août - Bombardements multiples dans la journée. Alerte permanente.

Samedi 12 Août - Bombardements multiples dans la journée. Alerte permanente.

Dimanche 13 Août,- Journée tragique.

Bombardements multiples.

Un soldat allemand des fumigènes est tué sur le chemin Mon Paradis.

Deux hommes: sont aussitôt abattus par les occupants et les cadavres sont laissés sur place, un peu plus haut que la Madelon, au premier tournant, vers Giraud, sur le chemin Mon Paradis.
(Emplacement marqué B sur la carte)

Une Stèle a été érigée en leur mémoire à l’angle du Chemin mon Paradis et de l’impasse menant aux «HLM Mon Paradis»
 

Réfugiés dans le Parc à Mazout, on ne consent à nous libérer que vers 1 heure de la nuit, par l'issue du sud (Pont Neuf), mais nous sommes coffrés au passage devant l'issue Nord et enfermés d'office dans la galerie 10, ainsi que tous les habitants du quartier Mon Paradis.

Ci-dessous l’entrée nord du Parc à mazout par laquelle nous passions pour nous y réfugier chaque fois qu’il y avait un bombardement  (Marqué R sur la Carte)
 

Ci dessous :Vue du parc à mazout à hauteur de l’impasse menant aux immeubles l’Amazonite ».Encerclée en blanc l’entrée 7 .L’entrée 10 se trouve un peu à gauche (Marqué Q sur la carte)



Ce parc à mazout situé sous la colline des Arènes comprend 10 immenses cuves creusées dans la colline
Chacune de ces cuves à une longueur d’environ 100 m, une largueur de 25 m et une hauteur de 15 à 20 m
En 45 des ateliers de l’Arsenal, dont les magasins d’outillages avaient été installés dans certaines de ces cuves.
Les 10 cuves sont reliées entre elles par une galerie (Marquée S sur la carte) située au dessous et qui débouche au sud de la colline des Arènes.
Cette galerie est parcourue par les tuyauteries qui alimen-taient l’arsenal et les bateaux en Mazout.
On peut voir une passerelle sur la Rivière neuve ou passent ces tuyauteries

Grande angoisse de prise d'otage. Fouilles individuelles.

Gardés toute la nuit au milieu de la soldatesque.

Relâchés au matin, après l'attaque par les allemands du Château Rose, ( Marqué L sur la carte) de l'autre côté du bois de la Madelon (versant Est).

Lundi 14 Août - Bombardements multiples en piqués.

Le Petit Var publie un préavis d'évacuation obligatoire de Toulon.
 
Nuit au Parc.

Cadavres toujours en place sur le chemin, avec plaies étalées (Défense d'y toucher)
Survole de nuit anglo-américaine, avec lancements de fusées multicolores, au milieu d'une D.C.A. effroyable.

Nous gagnons le Parc dans l'affolement général.

Mardi 15 Août - Bombardements multiples en piqué.

Alerte permanente.

On annonce en catimini, un débarquement en rade de Bormes.

Les cadavres toujours en place, commencent à pourrir.

L’Electricité est coupée.

Nuit au Parc.

Mercredi 16 Août - Bombardements multiples.

«La République du Var» publie, cette fois l'ordre formel d'évacuation obligatoire pour Toulon, la Valette et La Seyne en direction de Brignoles, par le Camp, Signes, Méou-nes, Garéoult, etc... le tout à pied.... c'est à dire, avec la presque certitude de rester sur la route grâce aux bombardements ininterrompus en piqué.

Grosse émotion.

Nuit au parc avec l'angoisse d'être jetés sur la route.

Jeudi 17 Août - Bombardements multiples.

Plus de journaux.

Pas d'information pour l'évacuation.

Personne ne bouge.

Nuit au parc.

Vendredi 18 Août - Bombardements multiples. Destruction dans le port par les allemands.

Grandes déflagrations.

On nous chasse du Parc, à 14h.30, pour le faire sauter.

Nous passons la Nuit à la cave de la petite Madelon mais nous ne sommes pas seuls d’autres personnes ce sont jointes à nous.

 

 Ci-dessus « La Madelon » (Marquée F sur la carte) dans la cave de laquelle nous nous sommes réfugiés plusieurs jours
Au premier plan on distingue ce qui reste du court de tennis
Au second plan (Mur Blanc) la citerne dans laquelle nous puisions l’eau croupie
 Au troisième plan «La Madelon» avec l’entrée de sa cave au dessus de l’angle droit de la citerne
En dernier plan, le bois qui allait jusqu’au sommet des Arènes.
 
Ci-dessous la cave où notre père avait construit un pilier de soutènement.  Lorsqu’il y avait un bombardement nous nous réfugions entre ce pilier et le mur gauche adossé à la colline, nous y sommes restés 13 jours enfermé jour et nuit avec comme seul aération un minuscule soupirail.

Sont présents (C’est ce dont j’ai le souvenir) : Papa, Maman, Geneviève, Gérard, Charles, et Olivier ainsi que la Tante élise.et la tante Jeanne avec son fils Jeannot

 Ci dessous,sur la photo de l’époque, en partant du haut et de gauche à droite : Mon frère Gérard, la tante élise, la tante Jeanne,notre père Edouard, notre mère Gilberte, notre cousin Jeannot, moi-même Charles et le plus jeune de mes frères Olivier, manque ma sœur Geneviève qui prend la photo.
 

Les autres personnes étaient, je pense, Monsieur et Madame DAUMAS ainsi que Monsieur et Madame CELERIER, des voisins.

Vive canonnade dans la nuit.

Samedi 19 Août - Bombardements multiples.

Grosses explosions dans le Port, l'Arsenal, la Pyrotechnie, etc...

Nuit à la cave.

Canon toute la nuit.

Dimanche 20 Août - Attaque vers St Mandrier par la flotte et les avions à 7 h. 30.

Se poursuit toute la journée avec courts intervalles.

Terrible tintamarre.

A 18 h les soldats allemands s'échelonnent le long du chemin Mon Paradis... puis rentrent au Parc vers 21 h.

Nuit à la cave.

Premières fusillades dans le quartier le jour et la nuit.

Lundi 2I Août - A 7 h. une batterie tire à partir de l'Ouest vers l'Est.

Les obus passent en sifflant exactement au-dessus de la Madelon.

La canonnade s'entend plus rapprochée, direction Est (Peut-être La Valette ou La Far-lède).

Nuit très dure.

Les obus ne cessent de siffler au travers de la Madelon, et explosent à courte distance, soit à l'Est, soit à l'Ouest,(Sanary, Six-Fours ?)

L'un d'eux tombe en face de La Madelon sur le chemin, chez les Franquittos, c'est dire le danger!

Grande émotion en voyant des flammes dans notre bois.

Ce sont les allemands qui débroussaillent pour y voir clair.

Nuit agitée.

Mardi 22 Août - Matinée très, très dure avec fusillades et mitraillades dans le chemin Mon Paradis et au travers de la Madelon.

Des obus continuent à siffler sur nos têtes.

Grosses canonnades plus rapprochées, peut-être bien La Valette cette fois.

Parait alors, provenir de la ville.

Le soir à 17 h canonnade précipitée sur le chemin Mon Paradis.

Nuit coupée de fusillades dans notre direction et de sifflements d'obus quelques uns paraissent éclater soit face à la Madelon, soit dans le bois.

A une sortie dans le jardin (Il faut manger ) je suis accueilli par une salve de mitrail-leuse.

Notre situation devient critique.

Mercredi 23 Août - L'eau est coupée.

 Les allemands circulent et s'installent sur la lisière de la Madelon, (Marquée O sur la carte) depuis le portail jusqu'en haut du bois, ce qui laisse supposer que les alliés ou les FFI sont installée sur la lisière de l'autre côté de la propriété.

Grosse canonnade paraissant provenir de le ville.

Elle ralentit dans l'après-midi pour s'intensifier dans le quartier.

Deux soldats allemands, pistolets, mousquetons et grenades en mains, viennent nous réclamer à boire.

Nous devons leur tirer l'eau de la citerne.

Notre situation apparaît bien comme indiqué ci-dessus, les allemands disposés en ligne le long de la bordure Sud de la propriété dirigent leur tir de fusil et mitrailleuses en direction de l'autre limite et du haut de notre bois ( Marqué D sur la carte)

La canonnade s'arrête dans la soirée, vers 18 h. et laisse place à un silence impressionnant entrecoupé d'escarmouches, au travers de la Madelon.

Nuit agitée avec plusieurs fusillades.

Jeudi 24 Août - La canonnade reprend vers 6 h. 30, dans la direction de la ville, plutôt plus rapproché de l'Escaillon.

La fusillade et mitraillade est très intense au travers de la Madelon et du bois.

Un soldat allemand armé de pied en cap, vient prendre diverses positions de
 tir sur notre terrasse, il demande à tous nous voir (Angoisse !) puis regagne sa ligne après avoir demandé à boire.

A 14 h. 30, un mouvement de char d'assaut très puissant paraît s'esquisser vers Valbertrand, à l'entrée du chemin Mon Paradis et aussi vers l'Escaillon, à l'autre extrémi-té du même chemin.

Aussitôt après éclate subitement un formidable tir au canon sur le Parc à Mazout, au travers de la Madelon.

Ce pilonnage intense se poursuit dans un vacarme impressionnant pendant plus de deux heures, nous laissant craindre à chaque instant une bordée sur la Madelon même... sous laquelle nous aurions tous été ensevelis.

Terribles moments d'angoisse.

Seul le petit Olivier parait conserver son calme, et récite son chapelet !... Puis l'assaut semble être donné au milieu de fusillades et mitraillades ininterrompues avec violents éclatements de grenades. Une violente bataille se déroule de toute évidence dans notre bois, dans le jardin et dans le chemin Mon Paradis, mais surtout dans le bois.

Vers 16 h. 30, des pas précipités se font entendre sur nos terrasses, et, tout à coup, (Marqué M sur la carte)
Oh Joie !

Une voix claire, donne un commandement en français, et par les lucarnes nous enjoint de demeurer dans nos caves

" S'il y a des français la dedans, restez dans vos caves."

Les larmes nous montent aux yeux.

Puis au travers des interstices des portes, on reconnaît nos braves sénégalais qui descendent du bois ayant réussi à chasser les allemands.

L'action s'achève dans le secteur vers 18 h15 mais un canon poursuit son tir dans la nuit, ses obus sifflent sur la MadeIon.

Les broussailles se sont enflammées dans le bois faisant éclater balles et grenades et nous faisant craindre un incendie plus sérieux.

Vendredi 25 Août - Les troupes françaises occupent la. Fauvette (Propriété contigue à la Madelon et marquée P sur la carte) ainsi que le Parc à Mazout.

Des corvées de prisonniers allemands (Ils seraient près de 600) enterrent leurs morts dans la Fauvette.

Les dernières forces allemandes seraient retranchées dans l'ouvrage Gambain de Malbousquet que nous voyons bien de la Madelon, et qui subit un pilonnage formida-ble à partir de 9h du matin.

Une intense fumée s'élève sur ce mamelon.


Nous visitons notre bois qui a bien constitué un véritable champ de bataille jonché de casques, de balles, de grenades non éclatées.

Tous les arbres sont éraflés ou nettement coupés.

Nombreuses traces d'éclatement d'obus.

Le pilonnage sur Malbousquet se poursuit toute la journée avec une intensité inouïe.

Véritable pluie de fer et de feu sur cet ouvrage qui dans les courts intervalles de silence continue tranquillement à utiliser ses mitrailleuses.

Cet enfer ne cesse que vers les 8 h. du soir.

Nuit calme à la cave.

Samedi 26 Août - Malbousquet parait s'être rendu.

Canonnade sur St Mandrier et Six-Fours qui résisteraient encore.

Calme absolu sur Toulon qui parait entièrement libéré

On nous apprend dans la journée que St Mandrier et Brégaillon résistent encore.
Vive canonnade sur ces derniers objectifs au cours de la journée et de la nuit .que nous passons enfin dans no lits ...

Nous avons vécu dans les abris du Parc et dans notre cave depuis le 13, sans pouvoir jamais reposer, nous déshabiller, ni nous changer, avec un ravitaillement qui n'a pu être assuré que grâce au jardin, mais dans des conditions difficiles et périlleuses.

Nous avons à peine touché une très maigre ration de pain (100 G) dans quinze jours... et rien d'autre !...

Tous les habitants du quartier s'étaient réfugies dans les carrières des collines plus lointaines, une dizaine de tués ont été néanmoins enregistrés parmi eux.

Ne semble-t-il pas miraculeux que placés ainsi, en plein coeur dans la tourmente, et, entre deux feux, nous ayons pu nous en tirer absolument indemnes, nos immeubles étant à peine éraflés ?...

 Ci-dessous une vue du bois derrière la villa qui laisse apparaître l’état de celui-ci après la bataille.
Cette photo permet d’imaginer le nombre d’obus et de balles qui l’on traversaient tout au long de ces journées durant lesquelles nous avons vécu dans la cave, Tous les arbres ont été touchés.


Nous ne cessons d'en remercier la Divine Providence !

Notre grande lassitude actuelle ne nous pèse nullement lorsque nous songeons aux mortels dangers qui nous guettaient à chaque minute dans ces quelques journées suc-cédant aux bombardements que nous avons subi depuis le 24 Novembre 1943.

Et quelle joie de nous sentir redevenus français !

Edouard MAUREL

 Rajouts divers.

 PS : Après la libération total du quartier, nous avons fait le tour de la propriété et nous avons trouvé de nombreuses armes dont des fusils de très nombreuses grenades des boites de bandes de balles pour les mitrailleuses.

Au sommet du bois nous avons même trouvé des petits obus qui semblaient se dé-visser à l’arrière.

Pas prudent du tout, avec mon frère Gérard, nous en avons pris un pour le dévisser et en apercevant un cordon qui sortait nous nous en sommes séparé immédiatement en le lançant au loin et il a explosé en retombant au sol.

Mon frère gérard a également trouvé à hauteur du portail de la petite MADELON mais dans la propriété voisine «La FAUVETTE» une mitrailleuse que les Allemands avaient laissée.

Il l’a récupéré mais Monsieur DAUMAS l’a prise pour la porter à la Mairie ou la Gen-darmerie.

En fait nous avons appris plus tard, qu’en remettant la mitrailleuse aux autorités Fran-çaise ce Monsieur DAUMAS s’était fait passer pour un résistant et avait reçu une mé-daille de la résistance alors qu’il avait passé toute la libération avec nous dans la cave.

Nous sommes également allés explorer les restes de l’Avion tombé en face de la Madelon nous y avons découvert une plaque de matière qui nous était inconnue c’était les premiers plastiques que nous voyions.

Nous avons également récupéré un morceau de la carlingue sur laquelle figurait la croix gammée.

Sur le mur mitoyen avec «La Fauvette» nous avons récupéré également, des grena-des à manche ainsi que la veste d’un soldat allemand qui avait du être tué.

Dans l’une des poches nous y avons découvert son portefeuille avec des photos de sa famille.

Notre mère n’a pas voulu que nous les conservions et nous avons du les enterrer

Nous avons reconnu dans ce soldat, celui la même qui nous avait aligné, quelques jours auparavant, contre le mur de la grande Madelon pour s’assurer que nous n’étions pas des «Résistants».

Je me souviens aussi que, bien avant le débarquement et la libération de Toulon, un ouvrier allemand qui disait avoir été réquisitionné par les autorités Allemande nous avait ravitaillé avec des sacs de farines qu’il prenait le risque de transporter depuis l’arsenal.

Dans ce même temps nous n’avions aucune nouvelle de notre sœur Micheline mais nous avions reçu par un intermédiaire anonyme un courrier nous précisant

 «Je vous fait parvenir ce mot, la personne qui me l’a confié était en parfaite santé avec un très bon moral.
Elle était dirigée sur l’Allemagne.
Recevez, Monsieur, mes salutations distinguées
 

Notre sœur, Micheline MAUREL, a été déporté en Allemagne.

Déportation au cours de laquelle elle est passée successivement par le Fort de Romainville, en France puis Ravensbruck et Neubrandenbourg d’ Août 1943 à Avril 1945
Ci-dessous sa photo datant de juin 1945 après son retour des camps en Avril 1945
Entre temps elle a été soignée par la Croix rouge Française qui l’a ramené à la maison après s’être assurée que nous étions encore en vie

Sur la photo elle porte un survétement avec son N° Matricule du camps  
Elle a écrit 3 livres sur cette époque :
«Un Camp très ordinaire»
«La vie normale»

et un recueil de poèmes dont la plupart écrit sur place.
«La Passion selon Ravensbruck»
Elle a également écrit 2 recueils de Contes pour enfants dont :
Contes d’agathe et Himlico.
 

Elle a aussi esquissé, sur place, de nombreux dessins comme celui çi dessous, qui représente la vie dans «Un Révier» (Infirmerie des camps de concentration)

"Et c'est l'enfer, ce temps sans ciel et sans Dimanches
Je ne vois alentour qu'un peuple de damnés
De squelettes hideux qui râlent sur les planches
Ou vers des seaux puants cherchent à se trainer"

Extrait de son poême "Du REVIER"

Dernière mise à jour Nos familles et la Guerre 1939/1945 le 06 Avril 2007

Par charles maurel - Publié dans : charlesmaurel
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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 /11 /2006 18:38

BIOGRAPHIE FAMILLE Antoine MAUREL

Je suis Germaine MAUREL, fille d'antoine, (Avant dernier enfant de Charles Celestin MAUREL et Pauline Andrieu) et de Madeleine IACONO fille de Philippe et Anna CANILLE.
Je vous communique ci après quelques données sur ma Famille, celle d"Antoine et Madeleine
MAUREL

Après la guerre de 14/18, papa est allé s'installer à CASABLANCA (En 21/22) pour travailler en tant qu'ingénieur à l'Agence Industrielle, Société d'importation de matériels destinés aux entreprises (Rue Blaise PASCAL à Casablanca).

Les parents de Maman arrivaient de Sicile où mon grand père était entrepreneur
Il a continué ce métier à SFAX, en TUNISIE,
Là, ils ont eu 3 filles: Antoinette, Madeleine ( Ma mère) et Aurélie.
Pour l'anecdote mon grand père était très bel homme mais très coureur.
Vers 1920, ils sont tous venus au MAROC: Tanger et Casablanca
Là, à CASA, maman a trouvé un emploi dans l'Agence Industrielle où travaillait papa

Ce qui devait arriver arriva, papa est tombé amoureux fou de Maman qui ne partageait pas les mêmes sentiments,

Par contre, aux dires de Monsieur Serge l'Etang un ami de la famille, ma grand mère maternelle elle; avait une excellente opinion pour mon père et ne manquait pas de tous faire pour que sa fille partage son opinion.

A force de persévérance elle a fini par accepter ses avances et ils se mariérent le.................
Bien des fois maman a confié à Monsieur l'Etang n'avoir jamais regretté son mariage avec Papa qui comme tous les MAUREL était un être exceptionnel.
De cette union sont nés 3 enfants: Marcelle, Germaine et Paul



Papa à été mobilisé lors de la guerre de 14/18 en même temps que ses 3 frères Paul, Edouard et André (Voir Photos dans la Rubrique 14/18).
Comme me l'a appris Monsieur l'Etang en 39/45 il a été rappelé sous les drapeaux dans la Légion étrangère (Sans pour autant avoir commis de délit, comme certains proches pouvaient le penser)

Les années passant papa à travaillé aux établissements HAMELLE (Importateurs et distributeurs de matériel divers destinés aux équipement Industriels, Agricoles , Maritimes et Banques avec ses coffres forts Fichets mais également  huiles pour moteurs"Volvoline"  et Eoliennes)
Il y contrôlait aussi l'installation des moteurs Bernard Marins sur les bâteaux
Il à fini sa carrière comme Directeur pour le MAROC
Nous habitions Rue de REIMS à Casa

Papa à été mobilisé lors de la guerre de 14/18 en même temps que ses 3 frères Paul, Edouard et André (Voir Photos dans la Rubrique 14/18).Comme me l'a appris Monsieur l'Etang en 39/45 il a été rappelé sous les drapeaux dans la Légion étrangère (Sans pour autant avoir commis de délit, comme certains proches pouvaient le penser)Les années passant papa à travaillé aux établissements HAMELLE (Importateurs et distributeurs de matériel divers destinés aux équipement Industriels, Agricoles , Maritimes et Banques avec ses coffres forts Fichets mais également  huiles pour moteurs"Volvoline"  et Eoliennes)Il y contrôlait aussi l'installation des moteurs Bernard Marins sur les bâteauxIl à fini sa carrière comme Directeur pour le MAROC

En 1958 mes parents sont rentrés en FRANCE avec mon petit frère Paul et moi même mais, malheureusement Papa n'a pas profité de sa retraite puisqu'il est décédé le 2 Décembre 1959
Maman à donc vécu seule au port marchand à Toulon où elle est décédée le 23 Janvier 1985

 

Quant à nous, les enfants:
Ma grande soeur Marcelle
très brillante dans ses études a exercé jusqu'à sa retraite, la profession de Maître de conférence à la Sorbonne
Elle avait connu son mari, Roger FAIN à Alger où, tous les deux étaient étudiants, elle en Pharmacie, lui en médecine

En 1962 ils ont du quitter l'Algérie comme tant de Français et ont dû se refaire une situation
Leurs deux filles: Elisabeth et Françoise, ont suivi la même voie puisqu'elles sont Médecins.

Quant à moi, j'ai fréquenté l'école Jules Ferry à Casablanca ci après

Sur la photo je suis au deuxième rang en partant d'en haut et la première à droite

 Plus tard, employée de Banque, j'ai travaillé 5 ans au Crédit Lyonnais de Casablanca et j'ai continué au Crédit Lyonnais de Toulon à notre retour en France.
Je me suis mariée à TOULON en 1956 avec Jacques DEVULDER que j'ai connu à Casablanca où il faisait son service militaire mais j'ai divorcé en 1972.

Pour ce qui est de Paul
, mon petit frère, il faisait ses études de médecine à Marseille où il a connu sa futur épouse, Françoise LAFOSSE qui faisait Pharmacie.
Ils se sont mariés en 1960 et ont eu 3 enfants dont l'ainée, trisomique est décédée en 1975, elle a suivi sa maman qui est décédée en 1973.
En 2007, Paul et Antje sa seconde épouse vivent en Amérique, en Géorgie d'où ils viennent passer 6 mois en France chaque année.
Ils ont un fils Paul Alexandre qui vit à temps plein en Amérique

Marcelle et Roger étaient habitués à faire de nombreux voyages, malheureusement, le dernier qu'ils ont fait, leur a couté la vie, ils étaient dans l'avion  du Crash de SHARM EL CHEIK en Egypte le 03 Janvier 2004

La roue tourne et je me retrouve bien seule sans eux et sans Paul que j'aime tellement mais qui est si loin.
Heureusement, ma fille, Anne, et ses 5 enfants m'aident à poursuivre mon chemin.

Par charles maurel - Publié dans : charlesmaurel
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